22.07.07
LE MINI-BLOG
05.08.07
LA LOGE
Alors que le public cherche sa place,
je suis déjà à la mienne dans cette bulle nommée loge.
Sur le miroir,
la photo de mon fils.
Il me sourit.
Il sera avec moi pendant tout le spectacle.
C'est l'heure :
Dans le hall du théâtre, une sonnerie presse les retardataires.
Je ferme les yeux, le trac me saisit tout entier.
Je sors de ma bulle et mes pas me conduisent vers le bonheur,
Mon bonheur : la scène.
Deux heures durant, je serai pour vous quelqu'un d'autre.
Mais déjà la salle se rallume...
Je raccroche mon costume de scène
et laisse derrière moi ce deuxième chez-moi.
Dors, ma loge, dors.
Jusqu'à la prochaine représentation...
COMEDIEN
Comédien, c'est jouer comme quand on était gosse.
C'est faire pour de faux,
Faire semblant.
Semblant d'être écrivain, médecin, balayeur, magicien, amoureux,...
Semblant de faire comme si tout allait bien et sourire devant les applaudissements alors qu'en dedans on a mal et parfois on pleure à l'intérieur.
Comédien...
Le beau métier qui est le mien.
Si je pouvais remonter le temps...
Si je pouvais remonter le temps, j'irai faire un tour du côté de mes 11 ans.
Retrouver mes meilleurs copains sur les bancs d'école : venez, Florian, Sylvain, Fabien, Cynthia, Stéphane, Manu ! On va refaire notre bande.
Le dimanche, on ira jouer au foot sur la pelouse de la cité. On parlera de tout et de rien. Et puis, toute la semaine, on sera presque sérieux avec Mr.Olivain à l'École Carle-Vernet. On fait les idiots mais on est bons en classe. À la récré, ma mère nous portera des bonbons... en cachette !
Vous venez à la maison ? On va se moquer de la télé. Ma mère nous a fait un gâteau au chocolat. Eh, les copains ! Vous êtes où ?
Ah... vous aussi, vous êtes devenus des messieurs-dames. Ben, pourquoi je ne vous vois plus ? Vous êtes partis ? Il ne me reste que les souvenirs alors ?
Dis, monsieur, pourquoi t'as démolie mon école ? Parce qu'elle était trop vieille... ? Mais, moi, je l'aimai, mon école... T'as détruit un peu de mon enfance aussi.
Et je n'aurai plus jamais 11 ans.
07.08.07
LE GRAND RIDEAU ROUGE
Derrière, on entend le bruissement du public qui s’installe.
Devant, on se demande ce qu’il y a derrière.
Il garde secret le décor et les acteurs du spectacle.
Et quand ce quatrième mur s’abat, tout prend vie.
TRAIN DE VIE
En visitant le blog de X2468, je me suis rappellé le temps où mon père, cheminot, (ou, comme je disais à l'école, conducteur de train) m'amenait avec, alors que je n'étais qu'un gamin, sur les machines, me laissant parfois les conduire. À ses côtés, je partai de Bordeaux et découvrai l'Aquitaine, et même un peu plus loin... Avant le départ, quand le train était encore au dépôt, je ne l'avais rien que pour moi. Et lorsque nous entrions en gare, en voyant les voyageurs sur le quai, j'étais fier. Fier que ce soit mon papa qui les fasses voyager.
Mais ça, je ne lui ai jamais dit. Comme beaucoup d'enfants, et encore plus avec un papa cheminot, j'avais des trains électriques à la maison. Mais surtout, j'en avais géant grâce à mon papa.
Aujourd'hui, il a pris sa retraite et je sais que son métier comptait beaucoup pour lui (il avait commencé très jeune son apprentissage). Et, pour moi, la Gare Saint-Jean, la gare principale de Bordeaux (photo), est comme une seconde maison avec des souvenirs d'arrivées joyeuses et de départs déchirants. J'adore y flâner.
Et j'ai promis à mon fils le plus beau des trains électriques.
Comme ceux de papy...
POLLUTION NOCTURNE
Que belle est la ville !
Ses trottoirs fleuris, ses arbres, ses vieux quartiers de pierre...
Le soleil brille, les oiseaux chantent...
Mais voilà que les citoyens s'agitent, paniquent. Chacun se terre derrière sa fenêtre. Un cri s'échappe du brouhaha : "Les voilà !". C'est alors que surgit de nulle part une armée ravageuse, une meute sans limites. C'est le soir, un samedi. Le danger sommeille. Tel un loup, il surgit à la nuit noire. Hurlant, beuglant, les bêtes sortent de leur taverne. Les débiles de boisson sortent des débits de poison. Arpentant les rues, apostrophant le quidam assoupi, ils rentrent abasourdis dans leurs tanières. Alors c'est le retour au calme, la fin de la tempête.
Que laide est la ville !
Le papier gras recouvre la dalle. Quelques gobelets se laissent pousser par le vent. L'ivrogne grotesque est parti en laissant sur le mur de pierre sa malodorante trace.
Ce n'est qu'un repis. Il y aura d'autres samedis...
RETROUVER MON BARETOUS
Je voudrais retrouver mon Barétous.
Renouer avec ma vallée béarnaise.
Me sentir revivre. Respirer.
Regarder les moutons passer sur la route.
Déguster du fromage de brebis sur un verre de rouge.
Passer des heures à discuter avec la boulangère avant d'aller saluer le père Coustier qui m'offrira le plus beau des présents : un fromage fait de ses mains.
Écouter Pierre raconter la véritable histoire des mousquetaires.
Partager une grande tablée en chantant béarnais.
M'endormir sous les étoiles, écoutant le silence ou juste le doux ruisseau.
Je voudrais retrouver mon Barétous...
TACHE
Eh oui ! J'ai une tâche sur la tronche.
Une tâche de naissance (en termes médicaux : un angiome plan - en terme musical : une Lorie).
On cohabite depuis 1974. Elle fait partie de moi.
Il y a quelques années, j'ai voulu me la faire enlever au laser mais j'ai finalement renoncé car j'avais l'impression de me faire amputer. Et dans la vie quotidienne, je supporte les regards curieux, voire inquiets, des passants. Les enfants sont plus francs : ils me posent carrément la question "Qu'est-ce que t'as, là ?". Et je leur explique, simplement. Ils comprennent et passent à autre chose. À vrai dire, je me fous des regards. Même, ça m'amuse. Le plus drôle, c'est à Noël. Résident en centre-ville, je vais chercher mon sapin à pied. Et sur le chemin du retour, un mec avec une tâche et un sapin sur l'épaule, ça fait de l'animation ! Un extraterrestre en string ne provoquerai pas autant d'yeux medusés.
TERROIR
Y'a rien de plus sacré...
... que le fromage des Pyrénées !





